24 personnels, officiers, sous-officiers et militaires du rang montent dans les véhicules pour une sortie « montagne ». La météo est exécrable, une pluie diluvienne est tombée toute la nuit et continue à se déverser. Les personnels descendent des véhicules, se rassemblent sous une pluie glaciale et battante puis partent en direction de la montagne d’Aujour.

Déjà mouillés dès le départ, nous suivons un sentier détrempé dans un brouillard épais qui ne permet pas de voir le panorama. Le LTN CHASSIN, chargé d’orienter le détachement, fait preuve de pugnacité afin de garder le cap malgré les conditions climatiques difficiles. Les rafales de vent balayent le plateau montagneux détrempé que les personnels franchissent allègrement avec de l’eau jusqu’aux chevilles.
Après une halte sous les arbres à l’abri du vent et de la pluie, l’Escadron commence l’ascension. La pente s’accentue, le sentier boueux rend la progression difficile et le froid se renforce à mesure que l’altitude augmente. La partie terminale est raide et serpente entre les blocs calcaires rendus glissants. Le vent se déchaine et les bourrasques harcèlent le détachement. La colonne s’engage dans la faille d’Aujour, bordée de murs verticaux de chaque côté. Le corridor étroit est impressionnant. Le courant d’air qui souffle y règne en maitre et propulse les personnels vers l’avant. Enfin, à la sortie de cet étroit passage, le vent cesse, mais pas la pluie.
Un court passage exposé et rendu glissant par la pluie est équipé par le CNE CAPEZZALI. La colonne franchit le passage rocheux humide et fait une halte en attendant le SGT DENIAU, notre nouveau chef d’équipe montagne, qui déséquipe. Enfin, après une montée de cent mètres, nous débouchons sur l’arête sommitale de la montagne d’Aujour à 1.834 mètres.
Nous ne nous éternisons pas au sommet tant le vent et la pluie nous giflent le visage. Nous entamons une rapide descente entre les blocs calcaires sur un sentier détrempé par la boue et le ruissellement des eaux. Trempés jusqu’aux os, la descente est agrémentée de quelques glissades à travers les genêts. Traversant les prairies détrempées et les forêts, nous franchissons également quelques ruisseaux gonflés par les pluies. Une halte dans une grange délabrée permet de s’abriter le temps d’une pause .L’accalmie est de courte durée.
L’escadron reprend la descente sous la direction de nos deux capitaines. Les averses ne nous atteignent même plus et le moral des troupes est toujours bon. Quelques passages de talus et torrents nécessitent des précautions pour leur franchissement. Les chaussures sont gorgées d’eau, les vêtements également.
La conviction d’avoir participé à une belle manœuvre de l’escadron domine chez les personnels présents. Nous arrivons vers 17 heures aux véhicules sous cette pluie qui ne nous a pas quittés depuis l’aube. Nous sommes fiers de notre journée cohésion lorsque nous rentrons sur Gap.
Le lendemain ont lieu les commémorations du 11 novembre. L’Escadron a en charge deux piquets d’honneur à Embrun et à Guillestre. Sous un temps plus clément, nous sommes fiers d’être sur les rangs.
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